LA CHRONIQUE DE A. NONIM
AVRIL-JUIN 2009 : ÉTÉ ROTARIEN - LE RETOUR
Voici venir les temps où nous nous quittons. Restons braves et dignes, soudain conscients que nous entrons dans l'ère post-alfredique, mais réconfortés à l'idée que du même pas, nous entrons dans
l'ère andrienne.
Disons-le tout de suite, sans dissimuler une légitime fierté : défiant l'érosion des effectifs mondiaux du Rotary, les nôtres demeurent remarquablement stables : nous perdons trois membres et en accueillons trois : Laurence, Jaro et Denis remplacés par Olivier Chauvin, Adrien Chardonnet et Eric Konecny.
Certes, nous voyons s'enfuir un tiers des effectifs du sexe fort -je parle, bien sûr, des dames (sérieusement, regardons-nous, messieurs !) - mais, baste ! Nous restons quelque 33 représentants de l'autre sexe, qu'on ne saurait pas qualifier de beau (second coup d'oeil, mes amis - et ce sera tout).
Bien. Je n'étais pas beaucoup plus présent que d'habitude, mais, aidé du programme régulièrement reçu, je crois pouvoir tout raconter. Comme disait ma grand-mère -ai-je négligé de vous la présenter ? Qu'elle ne m'en tienne pas rigueur ! Elle en valait la peine, je vous jure ! - « Il n'y a que la vérité qui blesse », d'où je concluais, dans ma logique enfantine qui ne m'a jamais quitté, que le mensonge ne saurait faire de mal. Alors, allons-y. (Avertissement : ce compte-rendu peut contenir quelques traces de vérité ; s'il se trouve des allergiques, les voilà prévenus. C'est peut-être écrit en petits caractères, mais il fallait pas donner vos lunettes à tort et à travers. Et puis, je préfère les mensonges qui viennent quand on ne s'y attend pas. Toujours se rappeler « La reine morte» « Il faut être dans la mauvaise foi comme un poisson dans l'eau ».)
Quoi qu'il en soit et sans qu'il y ait eu besoin d'une quelconque présence, chacun de ces exposés fut soit intéressant, soit passionnant, soit captivant. En tous les cas très clair et pour le moins remarquable. (L'âge moyen de notre club se mesurant au fait que nul n'a dit « trop cool »). Donc, je passerai rapidement sur certains de ces exposés remarquables dont je n'ai pas réussi à savoir grand chose, pour mettre l'accent sur d'autres.
Je vous avais abandonnés, mais c'était pour de rire, à la veille du 7 avril. Ce jour-là, le pasteur Auber vint nous présenter un certain Cauvin Jean, dit Calvin, originaire de Picardie, aux marches de la Normandie -je m'en voudrai toujours de l'avoir ignoré (presque) toute ma vie. C'est ainsi que, à force de se demander « j'y vais, j'y vais pas ? Pt'èt ben qu'oui, pt'èt ben qu'non », il se décida à partir pour Bâle y rencontrer Erasme. Quand il y parvint enfin, celui-ci était mort (si, il y a du vrai là-dedans).
Le 14 avril : rien ; ça arrive (encore vrai).
Le 21, Eric de Valence vint nous parler de l'avenir des éoliennes (parce que, en France, elles n'ont pas beaucoup de passé, ni même de présent). Exposé captivant (vous préférez
« passionnant » ? soit, mais je disais « captivant » pour le jeu de mots. Oui, quoi : capti- vant, vent ! Non ? Tant pis).
Les prochaines seront plus grandes (plus de 140 m) tout en étant plus silencieuses et nous promettent, au lieu de l'actuel 90 km/h, du 200 km/h (de vent, car les éoliennes sont encore immobiles,
mais il est d'ores et déjà question de leur adjoindre un moteur pour qu'elles puissent améliorer leur rendement en se déplaçant vent debout et ainsi produire plus d'énergie et, à moyen terme on
les dotera d'un moteur plus puissant pour faire au moins tourner cette hélice autrement inutile. Ce ne sont quand même pas, au vingt et unième siècle, les caprices de la météo qui nous
empècheraient de faire des économies ! Le développement durable l'exige (« durable » d'après certains : traduction erronée de l'anglais « sustainable » dans le sens de supportable,
« en-durable » par la nature - les traductions vers les langues primitives sont toujours délicates).
Aurait-on voulu donner tort à ma grand-mère qui disait « on n'arrête pas le progrès » ?
Oui, bon, on peut essayer mais c'est pas facile, croyez-moi. Le bougre a des foules de groupies et se fait précéder de si séduisantes pompom girls [« filles à pompons » mais il est vrai
que dans nos campagnes où récemment encore les seules distractions étaient d'entendre mugir de féroces soldats -non, non, restez assis et ne sifflez pas- ça ne disait rien à personne, sauf si
l'on y portait encore la coiffe traditionnelle du Bas-Vexin. Sans compter que, chez moi, cela désignait les jeunes filles qui s'efforçaient de toucher le pompon porte-bonheur des marins).] Bon
bref (!), tout ça pour vous dire que si le Progrès, dans sa version climatique, nous promet de fréquents vents à 200 km/h, je n'ai plus qu'à m'incliner. Tout le reste serait combat
d'arrière-garde.
Tiens, en parlant de ça, ne trouvez-vous pas qu'il faut plus de courage pour être à l'arrière-garde qu'à l'avant-garde ? Celle-ci peut toujours reculer en cas de danger, pas l'arrière-garde, condamnée à aller de l'avant, talonnée par l'ennemi. Bon, je dis ça comme ça... Où m'avez-vous encore entrainé ? Si vous faites rien que me distraire, je n'arriverai jamais au :
28 avril. Nous étions entre nous. Rien ne filtrera donc.
Le 5 mai, nous avons évoqué notre A.I.P.M (en faveur d'un orphelinat ukrainien) -en déplorant que, pour des raisons financières, elle soit retardée.
Le 12 mai, « La batterie est en danger ». Pour cette formule, tout le monde applaudit, non plus Danton, recalé au club, mais Jacques P. Pour le reste, nous gardons le souvenir de l'amicale empoignade entre Peugeot, à ma droite et Lexus Toyota à ma gauche (cette fois-là).
Vous avouerai-je - avouer ! Mais quelle idée, grands dieux ! - que, à partir de là et du 70ème parallèle, je n'ai eu que des échos affaiblis de nos activités.
Je sais, par exemple que, le 19 , Marceau Colson, est venu évoquer l'illettrisme. Nous sommes, chiffre inouï, 8 % d'illettrés dans notre doulce France (et, si on laisse ce chiffre à Jacques S., cela suffira pour qu'il en fasse du 60 %).
De mieux en mieux, le 26 mai, M. Belzung est venu nous entretenir du Collège Episcopal de Zillisheim que vous connaissez tous, si bien qu'il me semble parfaitement vain d'en dire davantage.
Le 31, d'une part le prix du savoir-faire fut remis par Pascal B. à l'auteur d'un « magnifique bahut contemporain », m'a-t-on dit. D'autre part, M. Leone qui dirige l'usine RHODIA de Chalampé, nous a présenté cette unité et je me suis laissé dire que l'industrie chimique française était la troisième du monde ! (Le 31 mai à 20h47).
Le 6 juin. Il neigeait au Cap Nord et il grêlait à Omaha Beach, mais ici, c'était la fête du Printemps (pourquoi du printemps quand chacun des intéressés en comptait 95 ou 100 ?) à la Fondation Dollfus.
Le 9 juin, seuls dix membres se sont partagés le traditionnel apéritif, pour cause de transmission de pouvoirs à Innerwheel.
Et le 16, c'était chez nous ladite transmission. Bon à mon grand regret, je n'ai pu y assister, mais c'est tout comme. Je peux vous la décrire, les yeux fermés : conviviale,
avant tout, empreinte d'une nostalgie -de-l'année-qui-vient-de-s'écouler-si-vite et d'entrain pour celle-qui-vient-tout-en-sachant-qu'on-aura-beaucoup-de-peine-à-faire-aussi-bien... (Oh ! J'en
vois qui roupillent au fond. Cette génération ne croit plus à rien. Qui a dit « elle a des raisons » ? ). Bon j'ajouterais volontiers de mon côté quelque chose comme
« somptueuse » ou « grandiose » (j'aime bien « grand », l'adjectif le plus fréquent en latin, alors qu'en français ce rôle est tenu par « petit ». La
langue me semble toujours révélatrice d'une vision de la vie... Tenez, le verbe le plus fréquent en latin est « être » -en français « avoir » Hein ! Alors, vous pensez, ma
grand-mère -oui, elle tient un peu pour moi, le rôle de la femme de l'Inspecteur Colombo- qui prétendait : « Quiconque n'a pas son Solex à 80 ans a raté sa vie » fût-elle la Princesse
de Clèves, ou plutôt surtout si elle l'est, la pauvre...vue par un lecteur très récent et disert des Roujon-Macquart (sic)...
Et ne me dites pas que les discours étaient trop longs, il faut quand même bien remercier tout un chacun : Machin pour avoir réussi à se taire cinq minutes tandis que le conférencier parlait ;
Truc pour avoir eu une idée -même si personne ne sait laquelle ; Chose pour être le vrai père de l'idée de Truc, etc.
Sed paulo majora canamus, comme dit rituellement le Président, en ouvrant chaque séance (on n'entend pas toujours à cause de la cloche) : c'est l'heure des bilans : le 19 mai, déjà, deux PHF étaient échus à Markus K. et Daniel G. et, ce 16 juin, ce fut Geneviève Steverlynck qui fut l'objet de cette reconnaissance tandis que Pierre B. ajoutait un saphir à sa boutonnière.
Remercions, surtout l'intersurfwebnauteding, Père de toutes choses, l'évènement mythique de cette année rotarienne (et si vous écrivez « mythique » autrement c'est que vous allez déjà trop sur la toile) et qui inscrira celle-ci dans le marbre électronique (e-marble).
Ne négligeons pas le 23 qui fut aussi un grand jour, sinon le grand jour, non pas parce que j'y assistais, mais parce que nous recevions les nouveaux annuaires, notre lecture de l'été. Plus long que « Millenium ». Un petit goût de distribution des prix - et tous égaux enfin dans la récompense : il suffisait d'être là, comme pour le bac -.Le nouveau presque-président nous annonça, outre le fait que nous étions 30 % de golfeurs au club, que de la compétition de golf du 28 juin, il attendait un bénéfice de 6'500 €, déduction faite de la juste rémunération des greenkeepers (les jardiniers du golf : avec Calvin, ce fut ma dernière découverte).
En tout cas, je ne vous quitterai pas sans remercier publiquement Daniel G. pour la régularité jusqu'alors inaccoutumée avec laquelle votre serviteur d'arrière-garde reçut, par l'intermédiaire des services postaux (c'est délicieusement rétro, nit ?) le Programme.
Et voilà que, encore une fois, Alfred va signer ce papier de mon nom, alors que, personnellement, je n'ai signé aucun de ces manuscrits. C'est vérifiable, pas si fou ! (arrivé à la retraite,
j'avais décidé de cesser de me faire des ennemis et de me contenter de gérer paisiblement, en bon père de famille, le petit cheptel que j'avais mis consciencieusement toute une vie à me
constituer. On ne se refait pas, mais il y a des limites). Et là, je le tiens l'Alfred ! Un procès à millions de dollars ! D'autant plus que, je l'ai découvert, et ça c'est la vérité, il existe
un vrai homonyne, certes inconnu au club, mais j'ai vérifié et il pourrait le mal prendre, susceptible, il paraît, rancunier.
A tout prendre je préfère : Luddite.