LA CHRONIQUE DE A. NONIM

 

 

 

 

Juillet-Septembre 2009

 

 

CHARLIE CHAPLIN ET PAUL HARRIS NE FAISAIENT QU'UN ...

 

 

… seul repas par jour, m'a-t-on dit. Oui, bon, c'est pas très honnête, mais que voulez-vous ? Coincé entre toutes ces rubriques qui se disputent votre faveur, parfois par des procédés déloyaux - on m'a parlé de photos ! - ma part de marché devient si étroite qu'il fallait bien que je détournasse votre attention de mes concurrents, par tous les moyens, puisque me revoilà. Dans le même rôle...

 

Je ne sais pas quel est l'hurluberlu qui est allé dire à André Kessler qu'il me plongerait dans l'affliction en ne me confiant pas ma vieille rubrique. Sans doute le même qui est venu me souffler que je désobligerais gravement André en refusant! C'était pourtant pour moi, coutumier des métaplasmes, tor de question comme disent les journaleux (les commentateurs sportifs ayant lancé la mode depuis longtemps avec « il est tor jeu ». Mais il est vrai que le journaliste sportif ne représente pas l'aboutissement de l'évolution humaine. Enfin espérons le...).

 

Je ne viens pas de prendre ma retraite pour continuer à raconter des conneries. Tiens, à ce propos, comme vous le savez, je prise fort la grossièreté, surtout la mienne, eh bien, maintenant que nous connaissons tous Flaubert, grâce au « Rotarien » (cf numéro de juillet), la lecture d'icelui me rappelle avoir été, dans ces mêmes colonnes, censuré... pour avoir cité ce brave Gustave, il y a de cela bien longtemps, il est vrai ( mais après 1857 tout de même …). Je ne m'attendais pas à être réhabilité par le «Rotarien» !

 

En parlant de ça on pourrait faire un jeu : relever les incongruités de langue - délibérées - de ma rubrique, et si on était sur le wet ou le neb, je ne sais pas trop, on pourrait proclamer : « ce n'est pas une plaisanterie, Machin, vous n'avez réellement rien gagné ». Cela consolerait peut-être la pauvre petite Patricia, ou Laetitia, ou Natacha, 22 ans, qui s'obstine désespérément à attirer votre attention tant elle a envie de chatter avec vous sur sa nebcam ou wetcam.

 

Loin de moi, certes, l'intention de vous infliger les grossièretés que j'affectionne comme ….. ou ……. et surtout ………… Baste, j'ai l'impression que ma mémé - vous la connaissez maintenant - m'a entendu. Elle a de ces oreilles, la vieille ! Oui, mémé, non c'est pas moi, oui, je ne suis qu'un malotru, un goujat, un stercoraire, un petit co… Ah, non alors, là, mémé, tu me déçois...

 

Ainsi, pour jouer au journaleux, qu'est-ce qui ne me conviendrait pas dans « Monsieur Fillon, les mesures que vous avez pris, c'est quoi, hein ? » (le « hein » est devenu l’essentiel pour être reconnu de la profession. Me, myself and I, comme chantait en son temps Billie Holiday, relayée récemment par Beyoncé, nous en comptons quatre. (Ceux qui en trouvent davantage sont priés de ne pas m' humilier en le clamant).

 

Ou bien, expérience de la censure, je ferais peut-être mieux de coller de ces adjectifs idiots qui rendent inattaquable le texte le plus crétin ou le plus ignoble ! Je les signalerai par des guillemets ; bon, bref, je suis là, et vous aussi, enfin, quelques-uns, enfin pour l'instant. Parce que j'en suis confus, mais, avec le Président, je suppose que je suis celui qui a le plus de facilités pour s'adresser à vous sur ce site. (Je dis « je suppose » car Georges et moi ne pouvons que supposer ; question de génération). Ce qui me met à l'aise, outre votre bienveillance de longue date et unanimement acquise, c'est que je sais que vous n'attendez pas de moi que je vous parle de ce qui s'est passé au club. (D'ailleurs vous l'avez remarqué, j'ai évité d'utiliser le terme « compte-rendu », me parant du terme plus flatteur de « rubrique »). L' été vous savez ce que c'est... Mais maintenant que nous voilà débarrassés de tous ces mollets flasques et roses exhibés en panta plus ou moins courts et en shorts plus ou moins longs (« Je suis pourtant bien conservé ! -Justement papy, c'est de la conserve… »), que revoici l'automne, revenons aux choses sérieuses.

 

Excellente occasion de commencer par célébrer le souvenir de ces coins jardins, vous l'avez deviné : ils furent conviviaux et gastronomiques ; on avait mis les petits plats dans ..., les maîtresses de maison, malgré tant d'autres tâches, parfois ingrates... les conversations animées ... s'étaient surpassées... Bon, bref, vivement l'été prochain, qu'on remette ça. Chez Jacques, on s'italianisa, chez André, au bord de la piscine, puisqu'il pleuvait, on rêva de Beyrouth. Seuls les Grosskost demeurèrent dans la note alsacienne.

 

Le règne d’André II a commencé le 30 juin par une assemblée de club « citoyenne » (ça y est, c'est parti). Bon, vous savez tous ce que c'est, je ne vais pas vous embêter avec les détails (pour mettre l'eau à la bouche des nouveaux : budget, rapport moral, actions envisagées, etc...).

 

Le 21 juillet « autoproclamé » pas de sujet. J'en profite par conséquent pour insister sur le succès de cet adjectif qui a de la gueule - de la grande mais pas de la bonne, avec son profil grec et son profil latin. Qu'il est utile et bien vu ! Vous avez déjà connu beaucoup de régimes qui proclamaient le suivant? Néanmoins il y a des infâmes comme la République d'Abkhazie ou celle des Serbes de Bosnie qui sont toujours « autoproclamées ». (Alors que la nôtre, la plus belle, est née dans une rose des Tuileries, d'un rêve de Louis XVI ; enfin presque, puisque, en fait, Louis XVI l'a rêvée, Robespierre l'a faite; et Napoléon a inventé l'Empire autoproclamé).

 

Le 4 août nous étions avec le club en création de Mulhouse-Collines, que nous parrainons avec Ensisheim, à une soirée conviviale. Malheureusement un membre éminent de notre club, pourtant habitué des cuisines du monde, éprouva, paraît-il, quelques problèmes de digestion. Apparemment, personne n'a rien retenu d'autre hors une présentation de la rencontre rotarienne de Birmingham.

 

Le 1er septembre Marianne Bombois était annoncée pour une conférence « que peut l'astrologie ? » dont vous n'êtes pas sans ignorer (ce qui signifie, bien sûr, que vous l'ignorez) que j'ai épuisé les ressources et les arcanes les plus secrets. Je voyais là une chance inespérée de faire, avec la même ardeur, un pas de plus vers la vérité « durable ». Las ! Les astres ne l'avaient pas dit : il y avait maldonne. On m'a parlé d'un sac de nœuds, mais, comme je répugne au relâchement (d'autrui), je traduis. Non, ce n'est pas incompatible avec la grossièreté. E. Jünger ne disait-il pas « Je me moque qu'on me crache au visage , mais je ne supporte pas qu'on me tape sur le ventre » ?

Au lieu de cette intervention, André se chargea d'improviser sur les paradis fiscaux : rassurons-nous, beaucoup de bruit pour rien. Comme l'eût dit le Marquis de Lampedusa, tout va changer, puisque tout doit rester identique. Qui parmi les Etats les plus respectables, n'a besoin de leurs discrets services ?

 

Une nouvelle opportunité s'offrait le 8 septembre à Marianne Bombois qui nous fit part de son expérience de visiteuse de prison à la maison d'arrêt de Mulhouse et sollicita du club une aide pour une jeune femme née sous une mauvaise étoile, non pas tant parce qu'elle a trois enfants, mais qu'elle a eu une mésaventure policière dans le train Amsterdam-Bâle. Elle va bientôt quitter la prison. Parler d'unanimité, m'a-t-on laissé entendre, serait exagéré mais 500 euros furent accordés pour l'aider à se réinsérer.

 

Le 15 septembre, M. Brand, boucher « présumé », invité à tailler une bavette chez nous, nous a posé un lapin...

 

Qu'à cela ne tienne, j’en profite pour caser une remarque « solidaire », à savoir que l'été a été (oui, c'est pas très joli mais qui y prend garde ?) rude pour le Rotary et ses valeurs « équitables ». Je pense à ce brûlot révolutionnaire qui s'intitule « Valeurs Actuelles » et qui semble en avoir après le Rotary. Jugez plutôt : son numéro du 23 juillet titrait « Internet rendrait-il stupide ? » (c'est fou non ? Mais attention la lettre du gouverneur de juillet vous avait, comme à moi, semblé suspecte : par le biais du courrier du lecteur, il était avancé qu' « un simple clic de souris est rapide, ludique mais peut être aussi porteur de conséquences qui nous échappent ». Des taupes sont à l'œuvre parmi nous et le numéro du 6 août, c'était « Eoliennes : la grande imposture - Comment la résistance s'organise. ». Peut-être prévoient-ils un Réseau Jean Moulin, tout indiqué quand il s'agit de vent. (C'est pas très malin ? Je vous l'accorde, mais il en faut pour tout le monde, Le Rotary, c'est bien le partage, non ?)

 

Je n'ai pas obtenu beaucoup de détails sur le rallye « responsable » du 13 septembre mais, ce qui est somme toute mieux, des éloges unanimes : près de cinquante participants enchantés ont découvert un sud trop peu fréquenté de l'Alsace, d'Altkirch à Ferrette. De plus, près de 500 euros sont venus alimenter la caisse du Prix François Gwinner.

 

Le 22 septembre (plus question de fredonner avec Brassens » le 22 septembre, aujourd'hui, je m'en fous »), Roland Keidel a évoqué l'affaire Dreyfus, démontant les manœuvres dont ce brillant officier mulhousien fut la cible et les raisons tristement évidentes de celles-ci, antisémitisme et jalousie, notant que les compagnons d'armes alsaciens d'Alfred Dreyfus ne furent pas toujours à la hauteur de ce qu'il aurait pu en attendre. Ce que l'on appellerait plus tard la guerre des services n'arrangea rien.

 

Le week-end du 25 septembre, c'était au tour de nos amis bavarois de Kulmbach de nous recevoir. Plus que la visite « pragmatique » du château du 15ème siècle, ce fut celle des vestiges du mur du 20ème siècle et de ses sinistres aménagements qui émurent les participants. Par ailleurs, cette visite a montré l'évolution marquée de notre club partenaire de Kulmbach vers les jeunes membres dont le nombre est impressionnant et forme un décalage manifeste de génération avec le nôtre. Ce constat doit nous amener à redoubler d'efforts pour assurer la pérennité de notre partenariat ancien.

 

Cela dit, nous avons aussi, bien entendu, de jeunes membres de grande qualité : notre benjamin, Adrien Chardonnet, nous fit rêver le 29 septembre, nous qui étions venus à sa conférence sur nos mobylettes customisées, par son exposé « décapant » sur le marché des avions privés. Pour certains clients le coût d'aménagement de leur joujou volant dépasse parfois, celui, modeste certes, du véhicule lui-même. (A noter que la piscine demeure impossible, en marbre bien sûr, car trop lourd...).

Hum..., au passage, André Kieny ne parvint pas à cacher une certaine amertume en constatant que seuls 18 convives étaient présents sur 27 annoncés : 50%, on le comprend !

 

Eh bien, il ne me reste qu'à remercier tous ceux qui sont arrivés jusqu’ici - sans tricher. La prochaine fois, pour le compte-rendu hivernal, je tâcherai d'être documenté de première main : j'hiberne à Mulhouse.

 

Ne pas oublier l'opération « L'Espoir en Tête », le film le « Drôle de Noël de Scrooge », en avant-première le 17 novembre, en partenariat officiel avec Disney Cinéma. Le Rotary et Disney enfin réunis. Paul Harris et Mickey, la main dans la main ....

 

 

 

 

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