LA CHRONIQUE DE A. NONIM
Octobre-décembre 2009 : MULHOUSE - WORLD
On me signale -horresco referens- que quasiment le wide world peut désormais (vous savez bien, grâce à http) nous lire ! Moi qui croyais ne m'adresser qu'à un public choisi, rare mais familier -
apprivoisé en quelque sorte ! Donc je m'excuse (moi-même, ce qui, on en conviendra, n'est guère courtois) auprès du monde entier, de Mademoiselle Aabbad à Monsieur Zzworski, s'ils existent, pour
ce que j'ai pu exprimer qui choquerait leurs coutumes.
Il va donc falloir donner une bonne image de Mulhouse-Vosges - à défaut d'une bonne image de moi que cela va frustrer ; mais je ne suis pas ici pour moi, just above myself. Yes. (Eh ! si on
faisait deux éditions ? Une entre nous et l'autre pour le reste du monde ? Ah ! On me dit que ce n'est pas possible... Mais je tiens néanmoins une édition papier non émasculée pour ceux que cela
intéresse). L'image, c'est cela qui est important, le «Tout images» comme dit l'Autre. «Transparence», «traçabilité», «visibilité» : tout cela ne laisse pas beaucoup de place à la discrétion,
toujours suspecte de celer de noirs desseins. A l'heure du tout porno, l'indécence c'est de ne pas tout exhiber, d'avoir une intimité et, pourquoi pas, des secrets. Sale temps pour les
taupes.
A ce propos (non, ne raccrochez pas, il y a vraiment un rapport), je ne saurais faire trop de publicité à ce début d'aboutissement que me semble être «Internet Eyes» qui va nous permettre de
dénoncer aux autorités compétentes les fautes de tout un chacun qui leur auraient échappé. Qu'on puisse enfin condamner pour vol de boeuf celui qui aura chapardé un oeuf. Il était plus que temps
: 15 ans de retard sur le programme de 1984 - et ce n'est pas simple arithmétique.
Bon, bon, bon, vous attendez de savoir ce qui s'est passé dans notre club, vous qui, tel Hitchcock dans ses films, faites une apparition, courte et appréciée, dans nos réunions.
Je vous laissai au 29 septembre, je vous reprends donc au 6 octobre avec la visite de D. Colombina qui, ès-qualités, nous parla des prud'hommes dont le succès en Alsace
est indéniable dans la résolution des conflits du travail.
A l'apéritif du 13 octobre, nous accueillîmes M. L. Berg, LE spécialiste du Fleischnacka humanitaire et président de l'Association d'Aide au Financement d'Appareils
Soignant le Cancer, dont il est lui-même rescapé. En quelques heures, il vous confectionne ces petites friandises pour vos 500 invités coins du feu. (Il en était alors à 114 391). Si ceux-ci
préfèrent un sanglier à la broche, il se transforme en Obélix. Son association travaille actuellement sur l'acquisition d'appareils coûteux que l'hôpital du Moenschsberg ne pourrait financer,
tels un collimateur 120 lames et une sonde endorectale.
Le 20, M. Gunzburger, directeur de la Filature, autant impliqué dans la gestion globale que dans l'artistique, vint nous entretenir de cette institution mulhousienne, en
excellente santé, grâce aux subventions municipales et départementales, et répondit à toutes les questions, n'éludant que les plus perfides et personnelles, sur l'itinéraire compromettant qui
mène à ce poste, faisant facilement le lit des racontars.
On fêtait en outre l'anniversaire de la naissance de Rimbaud.
Les Onze (comme le Tribunal qui condamna Socrate) présents du 27 - c'était les congés scolaires, évidemment nos nombreux enseignants étaient partis en
vacances - glosèrent tristement sur la crise. (Mais nous apprîmes avec soulagement que le Rotary n'était pas trop engagé auprès de Mister Madoff). L'important était l'exposé de Jean S. sur Polio
plus et la Shelter box:
Le 3 novembre nous réunissait avec tous nos conjoints (un seul, maximum, par membre pour l'instant) pour écouter le Dr Sleight qui, en tant que sujet britannique
méritait, pour une fois, le titre de «guest speaker», nous parler des maladies du cerveau, ou tout au moins celle d'Alzheimer. (En réunions nous avons constaté qu'il y en avait bien d'autres
ainsi que les bienfaits de l'anosognosie). Croyez-moi, ce n'est pas de lever joyeusement le doigt pour vous écrier « Aloïs » avant qu'on vous ait rien demandé qui va vous sauver !
D'ailleurs, ce bon docteur a laissé son nom, pour y avoir consacré trois pages, à la maladie qu'il découvrit en 1906. Elle capte à l'heure actuelle 15 % des dépenses de recherche, mais celle-ci
progresse. Si le seul diagnostic certain ne s'établit encore que par autopsie - ce qui peut constituer un certain gâchis quand le demandeur était sain - le scanner permet de cerner de mieux en
mieux certains états. Les progrès pharmaceutiques sont aussi encourageants : à l'échéance de 6-7 ans on peut espérer un traitement. La présence de rotariens auprès des souris de labo pourrait
même hâter le processus. Merci à tous les volontaires - sans doute déjà bien atteints.
Le 10, apéritif. Anniversaire de la mort de Rimbaud. Sa vie fut brève.
Le 17, on replonge dans les maladies du cerveau, objet d' «Espoir en tête», avec le «film de Disney de Noël». Du danger des avant-premières : ce n'est que quelques jours
après que les journaux conseillaient ce film «si vous avez plus de 18 ans». Disney avait, heureusement, prévu une cellule de soutien psychologique pour les descendants de rotariens venus
innocemment s'amuser des malheurs de Scrooge.
Le 24 novembre, pour le dîner membres, nous avons pu savourer - outre les mets de la maison Kieny - les remerciements du Gouverneur, exprimés par Jean, pour le nombre de
contremarques «Scrooge» placées (1 200) par notre club, le district 1680 se distinguant lui-même dans ce sens.
On évoqua d'autre part la séance de golf fixée au 25 avril, destinée à soutenir financièrement le département de cancérologie infantile de l'hôpital E. Muller. Nul doute - je l'ai entendu - qu'un
certain « pushing » sera nécessaire. (C'est, ce crois-je, la technique qui consiste à pousser discrètement du pied la balle parvenue, par d'autres biais, à proximité du trou. Renseignements pris
auprès de R. Domenech).
Riche soirée donc ce 24 car l'exposé qui suivit fut très intéressant - et ne rigolez pas, il m'arrive d'être sérieux quand je dis cela. Le 24, ce fut une promenade
érudite dans le Péloponnèse, en compagnie de M. Wautier de la BNP-Paribas, fort bien illustrée et assortie d'anecdotes qui nous ramenaient au bon vieux temps des Doriens. Les notes que je pris
étant à usage perso, vous m'excuserez de ne pas être plus disert.
Autres lieux, autres moeurs. Le 1er décembre, nous n'en étions plus à «Comment éviter les touristes en Grèce ?» mais à «Comment les attirer à Mulhouse ?», question par
et à M. Walter, adjoint au Maire de Mulhouse pour le tourisme - le plus élégant de ses adjoints comme Madame de Fontenay nous eût présenté ses protégées, si André ne l'eût fait, avec plus de
bonhomie. Eh bien, le tourisme à Mulhouse, comme aurait dit ma mémé à propos de n'importe quoi, ce n'est pas ce que ça devrait être. A l'heure où il n'existe plus de village qui ne se prétende
touristique, Mulhouse pourrait mieux faire que son million de visiteurs de musées et ses 500 000 visiteurs du marché de Noël. Les «conseillères de séjours» de l'Office du Tourisme vous
confirmeront que les commerçants, par exemple, pourraient fournir quelques efforts de décoration, voire de disponibilité dominicale.
Nous croyions ce 5 décembre, pour la Saint-Nicolas du
Geisbuhl, qui jouit désormais grâce à notre club d'une piste de pétanque, à un paisible après-midi sous la bienveillante férule de Saint-Nicolas - André Kieny. On «les» avait
lestés de Mannala et de chocolat chaud. C'était sans compter sur le succès de notre chorale. Que dis-je «le succès» ? Ce fut du délire. Après «Etoile des neiges», le service d'ordre (Gérard Z.
Jacques S. Jean-Pierre F.) avait déjà eu du mal à contenir une foule enthousiaste. Mais après «Voulez-vous danser, grand-mère ?», ce fut une sitting ovation hystérique. Le drame fut évité de
justesse : au moment du départ, l'hélicoptère prévu, comme d'habitude, pour échapper aux groupies déchaînées dont les cris stridents déchirent encore mes tympans, n'était pas là ! Nous avons dû
traverser cette foule étroitement escortés par un service d'ordre qu'il faudra renforcer l'année prochaine. Il doit bien y avoir quelques C.R.S. désoeuvrés les samedis après-midi. Le fait est que
je regrette ma chemise de soie lacérée par des ongles avides ; nous ne nous en sortîmes qu'en leur promettant nos portraits dédicacés.
Quoi, « on a les fantasmes qu'on peut » ?
En tous les cas, le 8 décembre fut une grande date : moi qui croyais être passé maître dans l'art savoureux de l'insignifiance transparente, je fus - à nouveau !- fêté
pour avoir changé de place, en l'absence de Jean-Louis T. dont nous attendons tous le retour avec impatience.
Retrouvant mon anonymat, je parvins à m'introduire, après la séance publique, dans la réunion du Comité ; la prochaine fois, j'essaie la Maison Blanche. Je ne vous répéterai pas ce qui s'y dit
des absents - outre l'établissement du programme pour les prochains mois.
La soirée de Noël, le15, animée par de belles voix, aura certainement été conviviale et joyeuse. Molly sera venue présenter son séjour français avant de
repartir pour l'Australie, tandis que Sylvain Dietrich aura évoqué son année au Vénézuela.
Le 22 décembre, nous aurons été très peu nombreux à apprécier le dernier apéritif de l'année.
2010 aura commencé par la visite du Gouverneur le 5 janvier, soirée conviviale et animée, ponctuée de discours brefs mais émouvants. Un livre
sur les Vosges lui aura été offert, outre le chèque traditionnellement dédié à ses oeuvres. Une belle soirée, donc. (Plus de précisions quand ça aura eu lieu.)
Riedisheim, le 10 décembre 2009